{"id":862,"date":"2019-02-08T16:48:09","date_gmt":"2019-02-08T14:48:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.smallplanet.gr\/agora\/?p=862"},"modified":"2019-02-08T16:48:09","modified_gmt":"2019-02-08T14:48:09","slug":"greece-the-first-victim-of-the-crisis-is-democracy-yorgos-avgeropoulos-interview-liberation-newspaper-in-french","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.agorathedoc.com\/agora\/greece-the-first-victim-of-the-crisis-is-democracy-yorgos-avgeropoulos-interview-liberation-newspaper-in-french\/","title":{"rendered":"Greece: The first victim of the crisis is Democracy, Yorgos Avgeropoulos interview, LIB\u00c9RATION newspaper (in French)"},"content":{"rendered":"<p>Via: <a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/monde\/2015\/01\/21\/grece-la-premiere-victime-de-la-crise-c-est-bien-la-democratie_1185563\" target=\"_blank\">Greece: The first victim of the crisis is Democracy, Yorgos Avgeropoulos interview, LIB\u00c9RATION newspaper<\/a><\/p>\n<p><strong>Gr\u00e8ce : \u00abLa premi\u00e8re victime de la crise, c&#8217;est bien la d\u00e9mocratie\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>21.01.2015<br \/>Maria Malagardis<\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong><i>Entretien avec Yorgos Avgeropoulos, r\u00e9alisateur du documentaire \u00abAgora\u00bb sur les enjeux politiques de la crise \u00e9conomique touchant la Gr\u00e8ce.<\/i><\/strong><\/p>\n<p>Le pass\u00e9 de la Gr\u00e8ce est impr\u00e9visible, pour paraphraser le titre d\u2019un livre r\u00e9cent sur la Russie (Lorrain, 2014). Dimanche les Grecs voteront pour \u00e9lire de nouveaux dirigeants. En attendant, les d\u00e9bats de la campagne \u00e9lectorale se concentrent sur les racines de cette crise in\u00e9dite. D\u2019autant plus que les sondages pr\u00e9voient la victoire de Syriza, la Coalition de la gauche radicale, qui veut remettre en cause l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9e par Bruxelles et le FMI depuis quatre ans. \u00abLe rem\u00e8de a tu\u00e9 le malade\u00bb, explique en substance Syriza qui n\u2019a jamais gouvern\u00e9 le pays mais dont la popularit\u00e9 actuelle surfe sur le d\u00e9sarroi des Grecs, dont un tiers vit d\u00e9sormais sous le seuil de pauvret\u00e9. \u00abIl n\u2019y avait pas d\u2019autre rem\u00e8de possible\u00bb, lui r\u00e9pond Nouvelle D\u00e9mocratie, le parti conservateur qui a dirig\u00e9 le pays depuis 2012.<\/p>\n<p>A chacun sa lecture. Mais ces jours-ci \u00e0 Ath\u00e8nes, un documentaire projet\u00e9 dans quelques cin\u00e9mas de quartier offre sa version de l\u2019histoire et conna\u00eet un franc succ\u00e8s. Agora, \u00e9galement projet\u00e9 vendredi au FIPA de Biarritz, part des origines de la crise jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, et interroge aussi bien de simples citoyens que des acteurs cl\u00e9 de cette p\u00e9riode en Gr\u00e8ce comme \u00e0 Bruxelles. Au final, reste l\u2019impression d\u2019une vaste manipulation. Yorgos Avgeropoulos, le r\u00e9alisateur du documentaire, s\u2019en explique \u00e0 Lib\u00e9ration. <\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong>A la veille de nouvelles \u00e9lections, quelles le\u00e7ons faut-il tirer de la crise grecque ?<\/strong><\/p>\n<p>La Gr\u00e8ce a exp\u00e9riment\u00e9 une th\u00e9rapie de choc qui n\u2019a rien r\u00e9gl\u00e9, \u00e0 partir d\u2019une mauvaise analyse. Les d\u00e9cideurs europ\u00e9ens se sont notamment fond\u00e9s sur l\u2019\u00e9tude deux statisticiens am\u00e9ricains, Katherine Reinhart et Kenneth Rogoff, pour expliquer que la rigueur \u00e9tait in\u00e9luctable. Or je montre dans le film comment les chiffres ont \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9s. On nous a \u00e9galement vendu le mythe du \u00abcontribuable allemand ou fran\u00e7ais qui payait pour sauver la Gr\u00e8ce\u00bb. Alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, il fallait surtout emp\u00eacher le syst\u00e8me bancaire de s\u2019effondrer. Les banques auraient \u00e9t\u00e9 \u00abtoo big to fail\u00bb selon la formule usit\u00e9e : trop grandes pour sombrer. Il fallait les sauver pour \u00e9viter une catastrophe. Mais qu\u2019est ce qui emp\u00eachera la d\u00e9rive de se reproduire ? Dans ce contexte l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e une fausse solution. Comme le dit Naomi Klein dans le film, ce sont les politiques d\u2019ajustement structurel, impos\u00e9es dans les ann\u00e9es 1990 aux pays en voie de d\u00e9veloppement, qui aujourd\u2019hui \u00abrentrent \u00e0 la maison\u00bb. Et ceux qui stigmatisent aujourd\u2019hui la Gr\u00e8ce feraient bien de prendre garde : aucun pays n\u2019est \u00e0 l\u2019abri. Aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9lite politique en Gr\u00e8ce comme dans le reste de l\u2019Europe est d\u00e9connect\u00e9e des r\u00e9alit\u00e9s. Elle pr\u00e9tend les subir parce qu\u2019il n\u2019y aurait pas \u00abd\u2019autre solution\u00bb comme le pr\u00e9tendent dans le film, presque g\u00ean\u00e9s, les responsables \u00e0 Bruxelles. Mais le seul curseur de r\u00e9f\u00e9rence, c\u2019est l\u2019argent, les march\u00e9s. Et la premi\u00e8re victime de la crise, c\u2019est bien la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong>Que doit craindre la d\u00e9mocratie ?<\/strong><\/p>\n<p>En Europe et pas seulement en Gr\u00e8ce, on vit d\u00e9j\u00e0 en r\u00e9alit\u00e9 dans une situation de \u00abm\u00e9tad\u00e9mocratie\u00bb : toutes les institutions sont en place, les gouvernements changent, mais le vote n\u2019a plus aucune importance. Les politiques restent les m\u00eames. C\u2019est d\u2019ailleurs le sens des pressions actuelles de Bruxelles et Berlin sur la Gr\u00e8ce, selon lesquelles si Syriza vient au pouvoir, on ne pourra pas changer de politique et l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 continuera. Mais les citoyens grecs qui voteront pour Syriza, le font justement pour un changement de politique ! Les instances europ\u00e9ennes n\u2019ont plus aucun scrupule \u00e0 contredire les peuples. Et si on voit ce qui se passe en Gr\u00e8ce, c\u2019est dangereux.<\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong>En quoi l\u2019exemple de la Gr\u00e8ce est-il inqui\u00e9tant ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans le film je montre une sc\u00e8ne surr\u00e9aliste, une parodie de Parlement o\u00f9 une loi est vot\u00e9e alors que l\u2019Assembl\u00e9e est vide ou presque. Le speaker fait semblant de demander l\u2019approbation de d\u00e9put\u00e9s fant\u00f4mes. A quoi \u00e7a sert de voter d\u2019ailleurs ? En Gr\u00e8ce, on a pu fermer la t\u00e9l\u00e9vision publique en quelques minutes sans aucune consultation. Cet \u00e9cran noir, impos\u00e9 ce 11 juin 2013, est comme le symbole d\u2019une d\u00e9mocratie qui s\u2019\u00e9teint. La social-d\u00e9mocratie a capitul\u00e9. Comme le reste de l\u2019Europe, elle a vu sans r\u00e9agir le gouvernement grec fermer tout le r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9vision public, elle a vu les policiers matraquer sauvagement les manifestants qui s\u2019opposaient \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Mais le vide ainsi cr\u00e9\u00e9 dans l\u2019espace politique finit toujours par se remplir. En Gr\u00e8ce ce n\u2019est pas un hasard si un quart des forces de police votent d\u00e9j\u00e0 pour les n\u00e9onazis de l\u2019Aube dor\u00e9e. La droite est aujourd\u2019hui dominante dans les instances de Bruxelles. Demain l\u2019extr\u00eame droite r\u00e9cup\u00e9rera le d\u00e9sespoir d\u2019une partie du peuple abandonn\u00e9 par les \u00e9lites politiques. Sauf si on prend conscience du danger\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Via: Greece: The first victim of the crisis is Democracy, Yorgos Avgeropoulos interview, LIB\u00c9RATION newspaper Gr\u00e8ce : \u00abLa premi\u00e8re victime de la crise, c&#8217;est bien la d\u00e9mocratie\u00bb 21.01.2015Maria Malagardis Entretien avec Yorgos Avgeropoulos, r\u00e9alisateur du documentaire \u00abAgora\u00bb sur les enjeux politiques de la crise \u00e9conomique touchant la Gr\u00e8ce. 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